OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Zimbalam, vers une boite à outils pour artistes ? http://owni.fr/2011/01/05/zimbalam-vers-une-boite-a-outils-pour-artistes/ http://owni.fr/2011/01/05/zimbalam-vers-une-boite-a-outils-pour-artistes/#comments Wed, 05 Jan 2011 15:45:12 +0000 Valentin Squirelo http://owni.fr/?p=29249 Zimbalam, kezako ?

Zimbalam est un service d’agrégation et de distribution numérique à destination des musiciens indépendants. Il leur permet de distribuer leur musique sur les principales plateformes de vente et de streaming (iTunes, Spotify, Amazon, Deezer…), et de pouvoir ensuite suivre ses ventes et écoutes, grâce à un système de reporting complet.

Côté tarif, la mise en ligne d’un single (1 à 2 titres) vous coûtera 24,99 euros, celle d’un album (plus de deux titres) 34,99 euros. Vous toucherez ensuite 90% des royalties. Par exemple, pour un titre à 0,99 cts vendu sur iTunes France vous toucherez 0,71 cts, 0.0017 € pour une écoute sur Spotify.

Si le service a des concurrents, notamment les américains Tunecore ou CDbaby, Zimbalam reste le choix le plus pertinent pour les artistes français. En effet, vous pourrez placer votre musique sur des services spécifiquement européens tels que Deezer ou Spotify, de même que sur les plateformes des opérateurs téléphoniques locaux.

Zimbalam élargit son offre

Nouveauté 2011, Zimbalam s’oriente désormais vers la stratégie d’offrir une boite à outil complète pour ses artistes. Les deux premiers services dans cette optique sont déjà disponibles : les sites artistes et Zimbalam Fan Connect.

Si l’idée d’un site artiste simple et facile à mettre en place peut être alléchante, celui proposé par Zimbalam est malheureusement bien trop limité pour qu’on le conseille. Tout d’abord, le design est rigide avec un seul template. Difficile donc de véhiculer réellement son identité graphique. De plus, le site est conçu pour accueillir le player Zimbalam, qui est malheureusement uniquement en flash. Votre site ne sera donc accessible ni de l’iPad, ni de la plupart des smartphones.

Mais le choix le plus décevant est celui de l’url du site. Impossible de relier votre propre nom de domaine à votre site artiste Zimbalam. Vous êtes (pour l’instant ?) obligé d’utiliser une adresse de type nomartiste.zimbalam.com… Autant dire qu’au niveau de votre référencement, vous partez avec un réel handicap.

Dans ce contexte, difficile de trouver des points positifs à ce service. Si vous souhaitez créer facilement votre site internet, sans toucher au code, autant aller directement s’ouvrir un compte sur Tumblr, Viinyl ou Flavors.me, qui vous permettront de réellement maîtriser votre identité graphique et l’expérience que vous souhaitez offrir à vos fans.

Zimbalam Fan Connect

Si le site artiste nous paraît pour l’instant peu intéressant,  Zimbalam Fan Connect nous a vraiment enthousiasmés. Il s’agit d’un service de newsletter qui va pour permettre de gérer vos envois de mail à vos fans.

Plutôt complet, il propose un outil d’importation de vos contacts et différents templates de mail, le tout couplé à des outils d’analyse statistiques, et à des données utilisateur enrichies, tel que la localisation de vos fans par exemple. Classique, mais complet ! Vous pourrez également proposer un titre gratuit à vos utilisateurs contre leur mail.

Là ou cela devient très intéressant, c’est que Zimbalam inclut 10 000 envois d’emails par mois gratuitement pour chaque artiste inscrit. A titre de comparaison, c’est plus de 20 dollars par mois pour pouvoir envoyer autant de mails avec Fanbridge, le service de référence de gestion de newsletter pour artiste.

Et si vous avez besoin d’envoyer davantage de newsletters chaque mois ? Pour l’instant, l’équipe de Zimbalam agira au cas par cas, même s’ils réfléchissent à un système de forfait ou d’achat de crédits supplémentaires.

Vers une boite à outils complète pour les artistes ?

Zimbalam souhaite à terme proposer un ensemble complet d’outils pour artistes. Une des prochaines étapes sera d’ailleurs la mise en place d’une application de mise à jour des statuts sur les différents réseaux sociaux, prévue pour le second semestre 2011. Si Zimbalam est sur la bonne voie avec son service Fan Connect, son concept de site artiste mériterait d’être revu et amélioré.

Le premier levier serait de proposer une alternative à leur player flash : à l’aube d’une année 2011 où la consommation de contenu sur mobile va encore prendre une ampleur considérable (25% des téléphones en France sont déjà des smartphones connectés), il serait temps de proposer aux artistes une solution plus universelle.

Et vous, qu’en pensez vous ? Avez vous testé ces nouvelles fonctionnalités ? Créé un site artiste Zimbalam ? Les commentaires sont à vous !

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Crédit photo cc Flickr : D’Arcy Norman

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Spotify: le ver(t) dans la Pomme? http://owni.fr/2010/10/26/pourquoi-apple-a-raison-davoir-peur-de-spotify/ http://owni.fr/2010/10/26/pourquoi-apple-a-raison-davoir-peur-de-spotify/#comments Tue, 26 Oct 2010 12:50:25 +0000 Philippe Astor http://owni.fr/?p=27383 Philippe Astor, journaliste spécialiste de l’industrie de la musique, a co-fondé le site Electron Libre et est blogueur sur digitaljukebox.fr.

Les performances de Spotify en Europe ont de quoi inquiéter Apple, alors que se profile son lancement aux États-Unis. Le service de streaming suédois dispose en effet de nombreux atouts susceptibles de remettre en cause le leadership d’Apple à domicile. Au point que la firme américaine envisage sérieusement de lancer son propre service de streaming sur abonnement, histoire de prévenir une hémorragie de ses 100 millions de clients américains.

Apple serait en train de se convertir au modèle de l’abonnement. Selon des sources citées par le New York Post, Eddy Cue, le patron d’iTunes, multiplie depuis quelques semaines les contacts avec les exécutifs de l’industrie musicale aux États-Unis, pour parvenir à une entente avec eux. Le projet de la firme de Cupertino serait bien de lancer un service de streaming sur abonnement donnant accès, avec son logiciel iTunes et pour le prix d’un forfait mensuel, à un catalogue étendu de plusieurs millions de titres.

Steve Jobs, le PDG d’Apple, a toujours décrié ce modèle, mais deux contingences pourraient justifier une subite conversion de la Pomme : le tassement des ventes de musique en téléchargement aux États-Unis, principal marché d’iTunes, au premier semestre 2010 ; et la perspective de voir débarquer sur le marché américain, d’ici la fin de l’année, un concurrent redoutable en la personne du suédois Spotify.

La montée en puissance de Spotify est pour le moins phénoménale. Au mois de janvier dernier, le service de streaming freemium revendiquait 250 000 abonnés en Europe, essentiellement répartis entre Suède et Royaume-Uni. A l’époque, le ratio entre nombre d’abonnés et nombre d’utilisateurs de son service gratuit financé par la publicité n’était que de quelques pour cent, c’est-à-dire encore ridiculement bas aux yeux des maisons de disques américaines ; très en-deçà, en tout cas, des 10 % de taux de conversion en utilisateurs payants qu’elles exigeaient. Neuf mois plus tard, Spotify a passé la barre des 600 000 abonnés, avec un taux de conversion qui est désormais de 15 %, selon des statistiques internes auxquelles nous avons eu indirectement accès.

500 000 nouveaux abonnés en l’espace d’un an

Spotify est bien parti pour atteindre son objectif de 770 000 abonnés en Europe à fin 2010, et pour avoir plus que triplé leur nombre en un an. A titre de comparaison, le pic d’abonnés à des services de streaming aux Etats-Unis, depuis quatre ou cinq ans, n’a jamais dépassé le million et demi. Un record que Spotify pourrait avoir battu à lui tout seul en Europe d’ici la fin 2011. Le lancement de la version mobile de Spotify, en septembre 2009, a été un premier facteur déclencheur. Puis, la progression du taux de conversion s’est accélérée avec l’intégration de fonctions de partage de playlists via Facebook et Twitter, en avril dernier. Mais aussi avec le lancement du player permettant d’écouter sa bibliothèque de fichiers MP3 personnelle avec le logiciel de la start-up, qui s’est ainsi transformé en véritable jukebox universel digne de rivaliser avec celui d’Apple.

La marge de progression de Spotify reste en outre très importante, notamment sur les cinq marchés européens où sa pénétration reste encore faible et est promise à une forte progression (France, Espagne, Finlande, Norvège et bientôt Pays-Bas). D’autant que plus les internautes utilisent le service gratuit depuis longtemps, plus leur taux de conversion en abonnés est élevé. Au mois de juillet dernier, il était supérieur à 17 % pour les utilisateurs ayant rejoint le service en février 2009, de 12 % pour ceux l’ayant rejoint en avril 2009, de 8 % pour ceux l’ayant rejoint entre juillet et octobre 2009, et inférieur à 5 % pour ceux qui ne l’avaient adopté qu’en janvier 2010. L’objectif de Spotify est de doubler son taux moyen de conversion des « free users » en abonnés dans les 12 mois qui viennent, pour atteindre les 30 %.

Afin de s’assurer d’atteindre cet objectif, Spotify permet depuis le mois de mai dernier d’ouvrir un compte gratuit directement, et non plus uniquement sur invitation. Une offre limitée à 20 heures d’écoute par mois, qui vise à répondre à une demande en très forte progression, tout en contrôlant la croissance des usagers. Le pari est le suivant : les non-abonnés investissent beaucoup de temps dans la construction d’une librairie musicale personnelle sur Spotify (elle est en moyenne de 100 titres au bout de trois mois d’utilisation du service, et de 500 titres au bout de 17 mois) ; ce qui augmente leur fidélité et leur propension à s’abonner. D’autant que la tranche d’âge la mois assidue (les 45-54 ans) écoute en moyenne 300 titres par mois. La limite des 20 heures d’écoute est donc très vite franchie par la plupart des utilisateurs.

63 % des abonnés premium ont moins de 33 ans

Le lancement concomitant d’une offre Spotify illimitée sur le PC à 4,99 € par mois (sans accès au service sur les mobiles ni possibilité d’écoute hors connexion) a contribué à augmenter le taux de conversion en abonnés sans affecter la progression du nombre d’abonnés au service premium complet. En l’espace de quatre mois, Spotify avait recruté 56 000 abonnés à cette nouvelle offre de base et, dans le même temps, le nombre d’abonnés premium était passé de 404 000 à 516 000. La start-up envisage par ailleurs de multiplier les accords de bundle avec les opérateurs de télécommunications, tel celui passé avec Telia en Suède et en Finlande, qui a eu un effet direct sur la hausse du nombre d’abonnés.

Une fois qu’il est abonné, le nombre de titres écoutés par chaque utilisateur tous les mois augmente considérablement. Il franchit la barre des 500 titres par mois pour les 45-54 ans, et passe de 500 à 600 titres par mois à plus de 800 pour les tranches d’âge les plus assidues (les 9-14 ans et les 15-17 ans). Spotify a par ailleurs pour vertu de séduire dans des proportions remarquables les jeunes générations, qui sont les moins enclines à payer pour accéder à la musique sur Internet. Ainsi 28 % des utilisateurs premium ont-ils moins de 24 ans. Et les 18-33 ans représentent 63 % des abonnés premium.

Enfin, une autre vertu de Spotify est de favoriser la vente de musique en téléchargement. Aucune statistique n’est disponible sur les ventes générées sur We7 depuis la mise en place d’un partenariat avec la plateforme britannique, mais c’est un aspect que le service de streaming compte nettement améliorer dans les mois qui viennent, en proposant notamment des bundles. L’ambition de Spotify est clairement de devenir à la fois une plateforme de découverte, à travers son offre de streaming, et une plateforme de téléchargement.

Un redoutable concurrent pour la Pomme

Dans ce domaine, le cercle vertueux que parviennent à créer les services de streaming, dont on craignait qu’ils ne cannibalisent les ventes en téléchargement, ne fait plus aucun doute, à l’image des performances de Deezer, premier affilié d’iTunes en France et troisième en Europe. Tous ces éléments tendent à valider la pertinence du modèle freemium que Spotify cherche à exporter aux Etats-Unis, face auquel les majors américaines ont jusque-là fait de la résistance ; ce qui explique le retard pris par le lancement du service outre-Atlantique.


Quel que soit le partenaire que se choisira Spotify pour se lancer aux Etats-Unis – Google ? Microsoft ? Amazon ? – Apple a du souci à se faire. D’abord, et avant tout, parce que c’est le seul concurrent sérieux d’iTunes à disposer d’un jukebox logiciel digne de ce nom. De nombreuses améliorations devront encore lui être apportées, dans la gestion des playlists, notamment, s’il souhaite faire totalement de l’ombre au logiciel d’Apple. Mais contrairement à iTunes, qui reste une véritable usine à gaz dans l’environnent PC, le logiciel de Spotify est redoutablement optimisé.

Ce dernier est en outre présent sur toutes les plateformes mobiles, d’Android à iOS (iPhone), en passant par Symbian ou Windows Mobile 6 et bientôt 7. Un formidable atout face à la plateforme d’Apple, qui se cantonne à l’iPhone. Or, le mobile est aujourd’hui le principal levier de croissance du marché du téléchargement, au point qu’iTunes réalise désormais un tiers de ses ventes sur iPhone en Europe,- et de celui de l’abonnement. Si elle veut prévenir une hémorragie de ses 100 millions de clients américains en direction de Spotify, la firme de Cupertino n’a d’autre choix que de leur proposer à son tour une offre de streaming. A défaut, Spotify, qu’un buzz de dix-huit mois a déjà précédé aux Etats-Unis, pourrait très bien venir croquer goulûment les parts de la Pomme sur le marché américain de la musique…

Article initialement publié par Philippe Astor sur Electron Libre

Crédits photos CC flickr: Jon Aslund; Marcin Michary; Mysza

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Pourquoi 123people est un non-service http://owni.fr/2010/02/19/pourquoi-123people-est-un-non-service/ http://owni.fr/2010/02/19/pourquoi-123people-est-un-non-service/#comments Fri, 19 Feb 2010 02:26:06 +0000 Soymalau http://owni.fr/?p=8572

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[NDLR: Nicolas Voisin, 23h30 le 19 février. Le débat se fait vif et la réaction de 123People est mesurée ; nous y reviendrons. Ce billet est incisif. Fallait-il le publier ? Oui : Ce point de vue et le débat qui va se poursuivre doivent pouvoir s'exprimer - et nous défendrons toujours les auteurs de la soucoupe. Publierions-nous le même billet demain ? Ce débat aussi se devra d'être ouvert. Ce sera fait. Eloignez les enfants du poste - et bonne lecture]

Je ne sais pas si vous connaissez le site 123people, mais si ce n’est pas le cas je vous recommande de faire une petite recherche google avec “votre nom + votre prénom”. Voilà. Maintenant vous devriez voir de quoi il s’agit. J’étais déjà tombé sur ce site merdique il y a quelques mois, et à l’époque j’avais fait un petit groupe facebook pour signifier mon mécontentement.

J’aurais très bien pu ne jamais vous en reparler, oui mais voilà, les dirigeants de 123people ont décidé de s’offrir une petite branlette à l’occasion de leur anniversaire (2 ans déjà !) et mon ami Benjamin Romei, le CEO du groupe média Vendeesign, parachevait le bukkake en tenant la boîte de mouchoirs.

Vu que je ne lis pas régulièrement le blog du groupe média de mon pote BenJi Roro, c’est encore via twitter que la bonne nouvelle m’est parvenue. Je me suis donc rendu sur son portail corporate pour y lire sa prose indépendante. J’y ai laissé quelques commentaires, et ces derniers ont dû faire un peu de peine à un certain Erick Hostachy. Un peu plus tard j’avais un mail de sa part dans ma boîte.

Alors ne nous y trompons pas, le mail était cordial, il y avait même des smileys dedans :-) Mais Erick y disait ne pas comprendre mes propos désobligeants, insultants et diffamatoires à l’encontre de 123people, cette encyclopédie Diderot et d’Alembert moderne, ce site profondément humaniste. Eh bien Erick, t’as de la chance, ce billet t’est dédié, je vais expliquer pourquoi je trouve que 123people est un non-service. On va même se rendre compte que je suis loin d’être le seul à le penser. Let’s go !

123people02

Commençons d’abord avec une petite mise en situation. Je suis un internaute et j’ai envie d’effectuer une recherche sur Internet. En toute logique, je m’attends à trouver deux types de contenus : ceux appartenant à un site donné (lemonde.fr, un site de marque comme sony.com, un site de vente en ligne du style fnac.com etc…) ou bien des contenus ayant été générés par d’autres Internautes, puis enregistrés sur des sites “communautaires” ou “sociaux” (facebook.com, les forums, myspace, youtube, twitter) ou bien encore auto-hébergés (blogs personnels etc). 123People appartient à un troisième type de site. Des sites qu’on a longuement appelé des “annuaires”. Quelle est la stratégie de ce genre de sites ? Celle du moindre effort. Ils récupèrent le contenu mis en ligne sur d’autres sites et le réinjectent dans le leur. Peu importe que des gens s’inscrivent sur leur site ou non, ce n’est pas leur objectif. Ils n’ont pas non plus besoin de rédacteurs. Il leur suffit d’attendre que les autres fassent le travail et pour peu qu’il soit publiquement accessible, pouf, ils vont le récupérer. Alors la question qu’on se pose, c’est pourquoi font-ils ça ? Et bien car ensuite, ces sites vont optimiser leur référencement (de façon plus ou moins réglo) et ainsi chercher à apparaître dans les résultats de recherche, où ils seront alors affichés comme les autres vrais sites.

Ils cherchent donc à tromper l’internaute, en lui laissant penser qu’il va trouver le contenu qu’il cherche,  un contenu qualitatif, alors que ce dernier va en fait tomber sur une page intermédiaire le séparant du contenu qu’il cherche réellement à atteindre. Souvent ces sites ont un alibi avec lequel ils tentent de sauver la face : comparateurs de prix, agrégateurs de blogs, compilation des résultats sportifs, compilation de communiqués de presse… Mais c’est bidon. Ce sont des sites faits à l’arrache, dont le design est minable, avec le plus souvent une seule personne derrière (et ces personnes ont, dans la plupart des cas, des dizaines voir des centaines d’annuaires dans le genre). L’objectif est de tromper le maximum d’internautes. Car ces sites sont généralement truffés de publicités. Plus il y a d’internautes qui viennent, même s’ils ne restent que quelques secondes, le temps de réaliser la tromperie, et plus le site génère de pages vues. Ce qui lui permet de gagner de l’argent. Comme ça. Sans avoir aucune base d’utilisateurs, sans générer aucun contenu qui lui soit propre, juste en pourrissant les résultats de recherches de dizaines de millions de personnes. Pour comparer ça au spam par e-mail, c’est comme si ces gens là vous envoyaient un mail (rempli de pub) pour vous prévenir que vous avez reçu un mail de votre grand mère. Merci les mecs, c’est cool, vous nous rendez vraiment service.

Et 123people, alors, c’est un site annuaire ? Oui et non. 123people c’est pire. C’est un site qui part du principe que toutes vos données personnelles qui sont en accès libre sur Internet peuvent être rassemblées sur une unique page, puisqu’à priori si vous les avez publiées sur d’autres sites, alors ça ne vous pose pas de problème que des gens les réutilisent pour faire de l’argent. Le postulat de base est déjà sacrément culotté. Mais quand en plus la réalisation est merdique, on tient vraiment le bon concept pourri, que personne ne pleurerait si le site venait à disparaître demain.

Sur une même page vont donc apparaître des articles de blogs, des vidéos, des réseaux sociaux, des biographies, des critiques de livres sur Amazon et des images qui vous concernent potentiellement. N’importe qui pourra donc chercher “votre nom + votre prénom” sur google et tomber sur votre page 123people. Et pour peu que vous ayez des homonymes, ça risque d’être un joli pot-pourri. Il ne vous reste plus qu’à espérer que les gens qui portent le même nom+prénom que vous ne soient pas des fêtards ou des drogués, ou bien que le recruteur susceptible de tomber sur 123people s’y connaisse suffisamment pour ne pas se laisser berner. Là ça devient carrément limite. Mais le mieux, c’est qu’en plus de semer la confusion dans les résultats de recherche, les gens de 123people monétisent leurs pages comme de gros porcs. Une image vaut mieux qu’on long discours :

123people03

That’s right. 8 publicités. Et je les soupçonne de rajouter encore des liens sponsorisés dans les sections qui sont vides sur cette capture (blog, actualité, documents…), lorsqu’elles présentent du contenu. C’est juste puant. Mais il y mieux, lorsque vous demandez à 123people de retirer les infos qui vous concernent, ils vous répondent ceci (réponse provenant de ce blog) :

Monsieur Yyyy,

Nous attachons beaucoup d´importance à la protection des données privées et nous ne récupérons pas des profils.

Notre moteur de recherche de personnes 123people vous délivre toutes les informations publiques disponibles sur le web à la libre consultation, et ce, au moment du lancement de votre requête. De même, les profils de forums communautaires explicitement mis à la disposition des moteurs de recherche seront affichés.

Il vous est aussi possible de trouver ces informations en effectuant une recherche manuelle sur internet.
123people n´enregistre ni ne publie ces données, et ne les utilise à aucune autre fin (et les pubs alors, c’est de la déco ?); la seule exception à cette règle concerne des sauvegardes temporaires pour raisons techniques (aaah la technique, l’excuse de tous les maux modernes).

123people vous permet néanmoins de trouver sur le web les informations publiques vous concernant, vous offrant ainsi la possibilité d´identifier des données publiées à votre insu et d´effectuer un premier pas pour mieux les contrôler. (AHAH, là il fallait oser, dans un premier temps on nous dit que tout est accessible en faisant une recherche manuelle, et là on tente de nous inventer une valeur ajoutée, c’est vraiment nous prendre pour de gros CONS)

Il n´est pas dans notre pouvoir de modifier ou supprimer des données provenant d´autres sources. (et c’est pas dans votre pouvoir de ne plus les indexer ? CONNARDS ? Un matin vous vous êtes réveillés et 123people existait sans que vous n’ayez rien fait pour ? Continuez à nous prendre pour de gros CONS)
Si vous voulez changer des informations inexactes, nous vous demandons de bien vouloir le  faire sur la source originale.

Pour localiser l´origine de ces informations, vous trouverez à côté de chaque résultat de recherche une petite icône associée au lien menant vers
la source concernée. De cette façon, il vous sera plus aisé de remonter à la racine de toutes les entrées vous concernant et de contrôler voire de
supprimer ou modifier ces données. 123people contribue donc à la protection de vos informations personnelles! (J’aimerais que les dirigeants de 123people me soutiennent ceci en face, sans exploser de rire)

Nous espérons que vous comprenez maintenant des objectifs et l´utilisation de notre site; nous espérons que vous l´utiliserez pour trouver facilement vos amis, vos proches ou vos contacts d´affaires. (Euh… Jamais ?)

Si malgré tout, des questions étaient restées sans réponse, nous sommes à tout moment à votre disposition.

Veuillez croire, Monsieur Xxxx, en l´expression de nos sentiments les plus respectueux,

Votre l´équipe 123people

Michelle Weber

Je sais pas vous, mais j’avais rarement lu un truc qui soit autant de mauvaise foi. Vu que je suis un mec cool, j’ai préparé une image qui pourra servir à Michelle Weber pour ses prochaines réponses (si tant est que cette nana existe vraiment, et que ce ne soit pas un bot, ce qui est probable) :

123People04

Alors voilà, 123people est un site qui

  1. Ne sert à rien.
  2. Utilise vos informations personnelles sans vous demander votre avis.
  3. Fait du fric avec.
  4. Induit potentiellement en erreur toute personne qui recherchera des informations sur vous.
  5. A les COUILLES de prétendre vous rendre service, et de ne rien pouvoir faire pour ne plus indexer vos infos.
  6. Vient me casser les COUILLES par mail, en me suggérant après TOUT ÇA de faire preuve de remarques constructives. Ben ouais les mecs, vous me pétez l’anus et en plus vous aimeriez que je vous fasse du consulting gratos ? Putain mais il se passe quoi dans vos bureaux, c’est gros pet de jamaïcaine tous les matins avec le café ?

Ces gens sont géniaux. Mais mais mais… On pourrait croire que je suis encore dans mon trip de chevalier blanc de l’Internet, que je suis le seul trolleur du web francophone à avoir pris en grippe le gentil petit service 2.0 qui cherche à faire son trou à la cool, ils ont même embauché un mec sympa, pro de l’e-réputation, qui utilise des smileys et répond sur twitter, vraiment, Soymalau, tu es trop dur, t’es qu’un râleur de merde, de toutes façons en France dés qu’un truc marche un peu, on critique tout de suite. Erick, j’ai rien contre toi, mais vraiment, t’as pas choisi le bon client à défendre là. Hélas, mille fois hélas, je ne suis pas le seul à ne pas apprécier ce super site qu’est 123people. Pic related.

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On dirait que les gens cherchent entre autres à contacter la CNIL au sujet de 123people, qu’ils cherchent à supprimer leurs informations et puis les 9 groupes facebooks c’est du bonus. Bon, au moins je ne suis pas le seul kéké à agiter les bras en l’air. Maintenant, si les gens de 123people pouvaient répondre à ces quelques questions sans langue de bois, il me semble que vous devriez à présent comprendre que vous n’avez pas affaire à des cons, ce serait assez courtois de votre part.

  • ☻ Mes informations en accès public demeurent pour autant mes informations personnelles, aussi ne suis-je pas en droit de décider des sites sur lesquels je veux les voir apparaître ?
  • ☻ Avec 123people, m’est-il possible de publier des informations à mon sujet sur un site, public, mais sans qu’elles soient reprises sur le votre ? Ou bien la seule solution que vous me suggérez est de les supprimer de la source sur laquelle vous allez pomper votre contenu ?
  • ☻ Si demain je décide de me renseigner au hasard sur Russel E. Perry, en ne prenant que les informations publiques auxquelles je peux avoir accès, mais toutes les informations publiques (registres en mairie, anciens employeurs, clubs sportifs, discussion avec la concierge, école où vont ses enfants (après tout la rue est publique, je peux décider de le suivre un matin, sans me cacher, et de relever ses allées et venues)), trouveriez-vous normal que je rassemble toutes ces informations sur une unique page, que je la mette en ligne, que je fasse en sorte qu’elle soit bien référencée sur la requête “Russel E. Perry” et que j’y affiche 8 publicités, et allez, principalement du casino en ligne et des sites pornos, ça paye mieux ? Ou même que je les imprime et que je les distribue à ses voisins ? Pure curiosité hein, pour le moment j’ai autre chose à faire. C’est juste pour faire un parallèle avec la vraie vie. D’ailleurs je suis déçu, la page 123people n’est pas bien pleine :(
  • ☻ Est-ce que oui ou non vous faites du hot-linking sur les images que vous affichez sur vos pages ?
  • ☻ Êtes-vous à l’aise à l’idée qu’une œuvre graphique, que je décide de publier sur mon site, sous la licence Creative Commons by-nc-nd et qui implique donc la non-utilisation commerciale, se retrouve affichée aux côtés de 8 publicités ? N’y voyez vous pas la moindre once d’utilisation commerciale ? Pas d’image = pas de contenu à afficher = pas de page = pas d’espace publicitaire = pas de rentrées d’argent. J’ai contacté le staff Creative Commons à ce sujet, j’attends leur réponse.
  • ☻ Trouvez-vous normal d’afficher en dur des adresses e-mail, les rendant par là même plus vulnérables au spam ?
  • ☻ Vous êtes un moteur de recherche de personnes, qui est la personne qui s’appelle “Shit Eating” ?
  • ☻ Savez-vous conjuguer le verbe acquérir au présent ? Si j’en crois votre page application iPhone, ce n’est pas le cas.
  • ☻ Dans vos réponses, vous suggérez aux personnes d’intervenir séparément sur chaque source publique pour corriger ou effacer les informations personnelles, est-ce que par là vous voulez dire que quand vous agrégez nos informations de façon automatisée, c’est à nous de faire l’effort d’aller les modifier ou les supprimer une par une pour pouvoir les contrôler, pendant que vous générez des revenus avec ?
  • ☻ Quelle est la relation que vous avez avec Reputation Defender ? Partenariat selon quels termes ? Affiliation (vous touchez un pourcentage sur les gens qui s’inscrivent en provenance de votre site) ?
  • ☻ Ne trouvez-vous pas étrange de rediriger vers des services payants qui protègent exactement de ce à quoi vous exposez les internautes ? Désolé mais ça fait penser aux pratiques mafieuses : on te porte atteinte, et si tu veux que ça cesse, tu peux payer.
  • ☻ Si un jour un service identique à 123people voit le jour, et un puis encore un autre, et un autre… Quel sera à votre avis l’effet sur les résultats de recherche ? Avez vous une vision à long terme de la portée de votre site ?

Voilà, bien entendu je ne m’attends pas à avoir de réponses complètes et sans langue de bois, tout au plus certaines questions seront traitées et d’autres savamment éludées. J’espère qu’Erick comprend un peu mieux pourquoi les gens (et pas uniquement Baptiste Fluzin) ont des craintes vis à vis du site dont il semble en charge de l’e-réputation. J’espère que Benjamin Romei continuera à nous produire du contenu indépendant de qualité, comme à son habitude. J’espère que 123people va rapidement se prendre un procès et clamser (ou tout du moins proposer une option simple, rapide et gratuite pour retirer l’intégralité des informations que l’on ne souhaite pas voir diffusées sur leur site). Tiens d’ailleurs, les mecs, si vous êtes réellement un service, mettez en place un http://getsatisfaction.com, pour le fun.

En attendant, les commentaires sont ouverts, vous pensez quoi de 123people ? Vous trouvez normal de ne pas avoir le choix des sites sur lesquels vous avez vos informations publiées ?

Pour finir une image de quelques photos que j’ai prises au pif, sur Internet.

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Peace. Bro. Et puis de toutes façons

> Article initialement paru sur soymalau.com

> Un article de RemiB qui avait déjà traité du sujet sur Owni : “Mais Monsieur, toutes ces données sont publiques!” /-)
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