OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Les data en forme http://owni.fr/2012/09/24/les-data-en-forme-episode49/ http://owni.fr/2012/09/24/les-data-en-forme-episode49/#comments Mon, 24 Sep 2012 15:03:58 +0000 Paule d'Atha http://owni.fr/?p=120739 Le Monde, la guerre, la santé, les migrations, OSM et un générateur de mème qui se paie la fiole de Mitt Romney.]]> La chronique de veille sur le journalisme de données d’Owni, “Les data en forme” fête son 1er anniversaire avec ce 49e épisode plein de nouveautés. Nous garderons la périodicité de la rubrique mais en changeons un peu le format. Vous trouverez à présent un projet “vedette” clairement identifié, et une liste enrichie de projets présentée de manière à rendre cette veille plus claire.

Data vedette



Titre : Virtual Water
Source : Projet personnel
Auteur : Angela Morelli + Basilico Interactive

Notre star cette semaine est la merveilleuse infographie réalisée par Angela Morelli, designer d’information milanaise passée par Londres, qui s’est prise de passion pour la problématique de “l’eau virtuelle” il y a 5 ans. Après avoir fait le tour des données sur la question, elle a décidé de devenir une sorte d’ambassadrice pour la cause de l’eau et de créer une infographie permettant au plus grand nombre de cerner et comprendre simplement des informations jusqu’ici dissimulées par des tonnes de chiffres.

Grâce à l’appui — entre autres — de “mentors” comme Nigel Holmes, David Stonestreet et Tom Halsør, Angela a mis au point un scénario approprié puis elle a demandé au studio Basilico Interactive de lui développer l’objet souhaité, avec “des mots et des images qui dansent ensemble”. Au final, des mois de travail pour un gros boulot plein de HTML5, de CSS3, de SVG et de défilement en parallaxe.


Mise en veille


Titre : De Maastricht au traité budgétaire : les oui et les non de 39 personnalités politiques
Source : Le Monde
Auteur : Alexandre Léchenet + Jim Vallandingham
Objet : D3.js
Note : Le Monde a rassemblé les positions de 39 responsables sur quatre scrutins européens : deux sont des référendums (du 20 septembre 1992, sur le traité de Maastricht et du 29 mai 2005, sur le traité constitutionnel européen) ; deux sont des votes au Parlement.”


 


Titre : A map of armed conflicts in Africa between 1997 and 2011
Source : UCL Centre for Advanced Spatial Analysis
Auteur : Francisco Dans
Objet : Modest Maps JS
Note : “ACLED (Armed Conflict Location and Event Dataset) is the most comprehensive public collection of political violence data for developing states. These data contain information on the specific dates and locations of political violence, the types of event, the groups involved, fatalities and changes in territorial control. “


 


Titre : Les migrations dans le monde
Source : Institut national des études démographiques (Ined)
Auteur : Gilles Pison + Opixido
Objet : Application Flash
Note : “Comment les immigrés se répartissent-ils à l’échelle de la planète ? Dans quels pays sont-ils les plus nombreux ? Cet outil donne accès aux dernières statistiques des Nations unies pour 230 pays du monde.”


 


Titre : OpenStreetMap, 5 years of edits – Japan
Source : ITO World
Auteur : N/A
Objet : Visualisation réalisée à partir d’OpenStreetMap.
Note : “Showing five years of edits to OpenStreetMap in Japan between 2007 and 2011.”


 


Titre : US Health Care Spending: Who Pays?
Source : Georgia Institute of Technology
Auteur : Josh Cothran
Objet : Raphael.js
Note : “In the past 50 years, the way health care is financed has changed, with private payers and public insurance paying for more care. This interactive graphic shows who paid for the nation’s health care and how much it cost.”


 


Titre : The Mitt Romney Realtime Income Calculator
Source : romneymakes.com
Auteur : N/A
Objet : Codé avec les doigts
Note : “The numbers may shock you, but what’s more import is how he makes all that cash. Should you hate him because he is rich? No. Does it matter how he made his fortune and at whose expense? Yes. Should you question his priorities, loyalties, and motivations? Absolutely.”


 


Titre : His And Hers Colors : Popular Color Names By Gender Preference
Source : Datapointed
Auteur : Stephen Von Worley
Objet : D3.js
Note : “Picture a happy couple – let’s call them Dick and Jane – out furniture shopping. They happen upon a comfy couch with pink upholstery, and Jane wants to buy it. Whether that puppy glides out the front door, or lingers on the showroom floor, could depend upon the words she uses to describe it. For maximum male appeal, should Jane call her sofa ‘light red?’ ‘Husky salmon?’ ‘Dusty nude?’ Or would a simple ‘pink’ suffice? The future of the living room hangs in the balance!”


Gérontoliens


Titre : Money Masters
Source : ForensicAccounting.net
Auteur : N/A
Objet : Infographie
Note : “As the financial gap grows, our nation becomes more divided.”


 


Titre : Do you know where your food comes from?
Source : Hellmann’s
Auteur : Crush and Ogilvy & Mather Toronto
Objet : Animation
Note : “The Canadian food system is in trouble. This short film explains what’s happening to Canada’s local food system and why we should all care.”


Une excellente data-semaine !


Tous les épisodes précédents des Data en forme.
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Juste fais le. http://owni.fr/2012/06/16/pses-juste-fais-le/ http://owni.fr/2012/06/16/pses-juste-fais-le/#comments Sat, 16 Jun 2012 08:00:43 +0000 Andréa Fradin et Guillaume Ledit http://owni.fr/?p=113638

Seconde journée du festival Pas Sage En Seine, l’évènement qui réunit hackers, geeks de tous poils et partisans de l’Internet polisson, du côté de la Cantine, à Paris. Après une journée en forme de rappel des fondamentaux, les intervenants sont entrés dans le dur. Ou plutôt, dans le faire.

Pour un Internet polisson !

Pour un Internet polisson !

Contre un Internet policé, choisissons l'Internet polisson ! C'est en gros le message de Pas sage en Seine, festival de ...

Car si l’intérêt d’un Internet libre et ouvert a été décliné sous toutes les formes au cours de la journée d’introduction, il s’agit de démontrer comment, concrètement, l’application des théories pouvait contribuer à créer de multiples projets. De l’inévitable encyclopédie collaborative en ligne Wikipédia aux monnaies alternatives, en passant par de petits robots dirigés par des lignes de code.

La palme du do it yourself le plus ardu du jour revenant sans doute à l’atelier “reverse engeneering” : un cours interactif pour apprendre à dépecer un malware, ce genre de petit programme qui peut pourrir votre ordinateur de bien des manières, afin de le comprendre et, éventuellement, de l’anéantir. Une conférence d’utilité publique, à destination d’un auditoire averti, susceptible de décrypter (pardon, déchiffrer) des phrases telles que “voilà un snapshot de la machine” ou “on a des batchs qui tournent.”

La carte et le territoire

C’est Gaël Musquet, d’Open Street Map, qui a inauguré cette journée travaux pratiques. Afin d’indiquer aux enfants terribles de Pas sage en Seine comment participer au mieux à ce projet d’envergure internationale, qui ambitionne depuis 2004 “de créer une carte libre du monde.” Une initiative rendue possible par le pouvoir du Net :

Longtemps réservée aux élites, la cartographie s’est vulgarisée grâce à Internet. Google a révolutionné, il y a quelques années, avec ses logiciels, la possibilité de voir des photos aériennes de son quartier, de sa maison… Open Street Map et sa communauté permet de prolonger l’expérience de ces utilisateurs, qui ne sont plus des consommateurs, mais qui deviennent des producteurs.

Gael Musquet (Open Street Map) // Pas sage en Seine 2012 (avec Bluetouff en guest) from Owni on Vimeo.

Une appropriation du territoire par les cartes qui a visiblement séduit les trublions de Pas sage, qui n’ont tout de même pas manqué de demander si on pouvait “repérer les putes sur une carte”. En s’inquiétant au passage de voir Gaël Musquet porter une chemise : ”c’est la DCRI ?”

Okhin pendant la séance de questions à la fin de son intervention sur le MEATSPACE - (cc) Ophelia Noor

La DCRI, ou direction centrale du renseignement intérieure, qui a récemment pris langue avec un certain Okhin, membre de Telecomix et intervenant survolté autour des questions de meatspace, cyberspace et autres questions d’identité, d’intimité et de territorialité. Questions qui résonnent avec les pratiques des habitants d’Internet. Et qu’il développe ici pour nous :

Okhin (Telecomix) et le “meatspace” // Pas sage en Seine 2012 from Owni on Vimeo.

Fin de journée sous le signe du hack appliqué au journalisme. Premier volet, Kitetoa et Bluetouff de Reflets.info, ainsi que Jean-Marc Manach sont revenus en longueur sur la cybersurveillance et les fameuses barbouzeries d’Amesys en Libye. Second exemple, Alexandre Léchenet, du Monde.fr, a rejoint les trois intervenants précédents pour montrer les apports du hacking au journalisme. Illustration à l’appui avec l’enquête sur les dépassements d’honoraires des médecins en Ile-en-France. Alexandre Léchenet a aspiré la base de donnée Ameli. Le résultat est assez surprenant. Et ne nécessitait pas d’intrusion, ni talents de hacking hors du commun.


Photographies par Ophelia Noor pour Owni


Retrouvez tous les jours :

- le live de Silicon Maniacs

- les vidéos des conférences sur le site de la Cantine

- merci à Maël des Maniacs pour le matériel /-)

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http://owni.fr/2012/06/16/pses-juste-fais-le/feed/ 5
Un corridor humanitaire de données ouvertes http://owni.fr/2011/08/28/un-corridor-humanitaire-de-donnees-ouvertes/ http://owni.fr/2011/08/28/un-corridor-humanitaire-de-donnees-ouvertes/#comments Sun, 28 Aug 2011 09:30:05 +0000 aKa (Framasoft) http://owni.fr/?p=77116 Cet article est la traduction d’un entretien réalisé par Jason Hibbets, et paru le 18 juillet sur OpenSource.com. Sauf mention contraire tous les liens de cet article sont en anglais.

À la rencontre SouthEast LinuxFest qui s’est tenue au début de l’année, j’ai appris l’existence du projet humanitaire OpenStreetMap à l’occasion d’une conférence donnée par Leslie Hawthorn sur les outils gratuits et libres destinés à l’action humanitaire.

HOT (Humanitarian OpenStreetMap Team, Ndlr) reprend les principes de l’open source et du partage libre de données pour l’aide humanitaire et le développement économique, en tirant parti des efforts de OpenstreetMap. Kate Chapman est directrice du projet. Son rôle est de mettre en place l’organisation mais aussi la contribution aux projets. Elle travaille pour lever des fonds, exécuter les tâches administratives, gérer le budget, et enfin aller sur le terrain pour y tenir des ateliers. Kate nous en a dit plus sur le projet HOT dans l’interview ci-dessous.

Quelle est la mission de l’équipe humanitaire OpenstreetMap ?

HOT croit que des données géographiques libres et à jour peuvent être indispensables pour réagir face à un désastre. Donc nous aidons des communautés et des intervenants d’urgence qui d’une part utilisent les données d’OpenStreetMap et d’autre part contribuent en même temps au projet.

Quel a été l’impact du projet humanitaire OpenStreetMap sur des régions atteintes par un désastre (par exemple en Haïti ou en Côte d’Ivoire) ?

HOT a joué un rôle actif en Haïti, que ce soit à distance ou sur place par l’intermédiaire de missions. La communauté du projet OpenStreetMap a commencé par rechercher des images satellite et collecter des données issues de vieilles cartes pour mettre à jour la carte d’Haïti après le tremblement de terre. Puis à partir de mars 2010, nos équipes ont commencé à se rendre en Haïti pour former directement les gens à la mise à jour d’OpenStreetMap et à son utilisation. Ainsi, la communauté OpenStreet Map d’Haïti (COSMHA) s’est développée et poursuit le travail de cartographie de la région avec le soutien de HOT quand cela est nécessaire.

En Côte d’Ivoire, notre travail s’est fait entièrement à distance. Un de nos membres, Frederic Bonifas, a fourni la plus grosse contribution à l’effort de coordination pour ce projet. SPOT (une entreprise française de satellites) a joué un rôle vital en mettant à disposition sous licence libre des images que des personnes ont pu utiliser pour compléter les données d’OpenStreetMap.

Cependant, HOT n’existe pas que pour les cas d’urgence. On a commencé des travaux d’anticipation en Indonésie cette année. Jeff Hack et moi-même passons en ce moment deux mois en Indonésie pour tenir des ateliers dans des communautés et des universités. Nous espérons ainsi recueillir des informations détaillées sur les bâtiments et les utiliser pour mieux anticiper les scénarios catastrophes.

Quelles sont les technologies ou les autres défis qui se présentent à vous ?

Le problème des licences a été le plus gros défi pour HOT. Après un afflux d’images en provenance d’Haïti, les cartes d’OpenStreetMap ont pu être mises à jour sans problème. En cas de catastrophes, il est parfois difficile de réagir rapidement lorsqu’il n’y a pas d’images satellite ou d’autres types de données disponibles qui peuvent être utilisées avec OpenStreetMap.

Est-ce que vous avez la possibilité de faire équipe pour travailler en collaboration avec les gouvernements des zones concernées ?

La réponse à cette question est : quelques fois. Que ce soit en Haïti ou en Indonésie, nous avons formé des personnes travaillant pour le gouvernement. Nous allons également bientôt commencer un programme au Togo pour anticiper les catastrophes, celui-ci impliquera directement le gouvernement togolais.

Détaillez-nous les étapes de l’assistance fournie par votre organisation en cas de désastre. Par exemple, si un ouragan devait arriver sur la côte, comment est-ce que vous aideriez ?

Chaque catastrophe est unique. Typiquement après une catastrophe on commence en premier à faire l’état des données disponibles. Cela veut dire se mettre en contact avec les fournisseurs d’images satellite, répondre aux agences, et faire des recherches sur internet en général. Puis d’habitude on essaye de trouver quelqu’un qui est capable de coordonner les efforts humanitaires. Après nombre de cataclysmes on a de nouveaux bénévoles, des individus variés qui sont intéressés par l’utilisation des données, d’autres qui ont besoin d’aide, ce qui importe c’est de s’assurer qu’ils obtiennent ce dont ils ont besoin.

OpenStreetMap en général est une organisation avec une communauté très impliquée, et son développement HOT conserve ce même caractère. Mais ici nous réagissons à des urgences, c’est pourquoi nous nous coordonnons pour être sûr qu’une personne à la tête peut diriger les efforts.

Rejoignez-nous

La manière la plus simple de participer à HOT c’est d’abord d’apprendre à éditer les données dans OpenStreetMap. Souvent, le meilleur moyen de le faire est de commencer à cartographier votre propre quartier. Ce n’est pas difficile de se familiariser avec les outils de base. Pour avoir une participation plus active à HOT, le mieux est de s’abonner aux listes de diffusion. C’est là que se passent les discussions entre les personnes qui font quelque chose pour aider sur tel ou tel événement ainsi que les annonces générales.

Bonus Track

Chronique d’Emmanuelle Talon (La Matinale de Canal+ – 18 janvier 2010) évoquant OpenStreetMap au moment du tremblement de terre d’Haïti de 2010.


Billet initialement publié sur Framablog sous le titre L’Open Data au service du secours humanitaire grâce à l’équipe dédiée d’OpenStreetMap.

Traduction d’un article de Jason Hibbets intitulé Open data for humanitarian relief with the Humanitarian OpenStreetMap Team publié le 18 juillet 2011 sur OpenSource.com. (Traduction Framalang : Slystone, ZeHiro, Goofy, Padoup-padoup)

Illustrations Flickr CC PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales ethan.crowley Paternité puuikibeach

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Open data : toujours pas de licence commune en France? http://owni.fr/2011/07/29/open-data-toujours-pas-de-licence-commune-en-france/ http://owni.fr/2011/07/29/open-data-toujours-pas-de-licence-commune-en-france/#comments Fri, 29 Jul 2011 11:57:32 +0000 libertic http://owni.fr/?p=74326

Le choix d’une licence de réutilisation à apposer aux données ouvertes est l’un des premiers choix politiques d’un programme d’ouverture de données publiques. Il s’agit de conditionner les droits et devoirs associés à la mise à disposition et à la réutilisation des données.

Tandis que certains pays légifèrent pour créer une licence unique de réutilisation, l’entrée tardive de l’État français dans le mouvement open data a obligé les collectivités ouvertes à improviser sur le sujet.

Si ces dernières communiquent entre elles sur les retours d’expérience et la mutualisation de procédures d’ouverture, l’absence d’une licence juridique de référence leur impose de répéter individuellement un travail juridique complexe et chronophage. Travail qui consiste à effectuer un comparatif des licences possibles avant de faire un choix basé sur le projet et contexte politique local.

Le manque de standard a donc généré l’utilisation et la création de licences diverses, pénalisant la lisibilité d’usage et l’interopérabilité des données. Ainsi Montpellier et Bordeaux ont opté pour les CGR de l’APIE , Rennes en a fait une adaptation, Paris et le conseil général de la Gironde ont choisi l’ODbL .

Pourquoi n’y a-t-il pas de consensus en matière de licence ?

Le contexte législatif

Extrait du volet juridique du Guide pratique de l’ouverture des données publiques territoriales (FING)

En France, la loi encadre la réutilisation des données publiques en précisant les droits et obligations des acteurs publics comme des réutilisateurs. Ainsi, la loi CADA de 1978 exige, sauf consentement explicite, que les réutilisateurs :

  • Indiquent la source des données
  • Indiquent leur date de mise à jour
  • Respectent l’intégrité des données

En cas de mise à disposition de données sans notification de licence, c’est cette loi et ces devoirs qui s’imposent par défaut.

Les licences actuellement utilisées en France

L’Agence du Patrimoine Immatériel de l’État a été chargée de rédiger des licences de réutilisation pour les données publiques. Partant du principe que si les collectivités ne souhaitaient pas tarifer les données, les droits et devoirs liés à la loi CADA se substituaient à une licence, l’agence n’avait tout d’abord développé que des licences payantes.

Cependant, lorsque Rennes décida en 2010 d’ouvrir ses données pour des réutilisations gratuites, la ville souhaita y associer une licence. Ce n’est pas une obligation légale mais cela rassure les juristes et facilite la compréhension d’usage pour les réutilisateurs. C’est donc suite à ces échanges avec Rennes que l’APIE finit par rédiger une licence de réutilisation gratuite (les Conditions Générales de Réutilisation de l’APIE) qui est en fait une retranscription des conditions légales définies dans la loi CADA (impératifs de source, date, intégrité).

Bordeaux et Montpellier utilisent la licence CGR pour la mise à disposition de leurs données mais le positionnement initial de l’APIE sur leur tarification a nui à l’image de l’agence et de ses licences auprès de la communauté du libre.

Un flou juridique semble planer sur les CGR de l’APIE qui ne seraient pas compatibles sur les projets libres de type OpenStreetMap dont on sait le potentiel de valorisation de données.

À la question de savoir si l’usage d’une licence du type APIE permettrait ensuite la réutilisation des données au sein du projet Open Street Map (sous ODbL), la réponse risquerait d’être négative :

1) si la licence de l’APIE contenait des obligations à la charge de l’utilisateur différentes de celles contenues dans la licence ODbL ou

2) si les bases de données ouvertes étaient originales (donc objet de droit d’auteur) ou conséquentes à un investissement (donc objet du droit sui generis des bases de données), car l’ajout de la licence ODbL à ces bases nécessiterait qu’il y ait en amont une cession de droits adaptée.

Elles ont cependant pour inconvénients d’être franco-françaises (et donc incompatibles à l’international) et inspirées des modèles de contrats administratifs qui sont peu adaptés à des utilisateurs standards (notamment du fait du renvoi à d’autres textes). Au surplus, elles présentent pour défauts rédhibitoires (sources d’insécurité juridique) :

1) d’être principalement axées sur la diffusion des données et non sur l’échange et la construction de services qu’une diffusion libre pourrait offrir, et

2) surtout d’être uniquement construites sur la base de la Loi du 17 juillet 1978 et de ne pas du tout prendre en compte les différents droits de propriété intellectuelle que la collectivité ou l’administration pourraient détenir sur ces bases.

VeniVidiLibri : Les enjeux relatifs au choix de la licence

MAJ : la v2 de la licence vient de sortir, à laquelle RegardsCitoyens a répondu.

Alors que Rennes utilisait initialement les CGR pour la mise à disposition de ses données, la ville a ensuite développé une licence « Rennes Métropole en Accès Libre » afin de répondre aux attentes des libristes qui estimaient que les CGR de l’APIE n’étaient pas compatibles avec les projets libres (Wikipedia, OpenStreetMap, etc.) notamment du fait de la mention « non altération des données » qui semble très floue. Une simple traduction d’une base de données en anglais pourrait être considérée comme une altération ?

D’où la rédaction de la licence Accès Libre qui comprend les mentions suivantes:

Les droits octroyés concernent :

  • L’extraction et la réutilisation de la totalité ou d’une partie substantielle du contenu
  • La création de bases de données dérivées
  • La création de bases de données collaboratives
  • La création de reproductions temporaires ou permanentes, par tous moyens et sous quelque forme que ce soit, en tout ou en partie, y compris de toute base de données dérivée ou en tant que partie d’une base de donnée collaborative
  • La distribution, la communication, l’affichage, la location, la mise à disposition ou la diffusion au public, par tous moyens et sous quelque forme que ce soit, en tout ou en partie, y compris de toute base de données dérivée ou en tant que partie d’une base de données collaborative.

La licence rennaise est donc une adaptation des CGR de l’APIE auxquelles ont été ajoutées des mentions sur les droits associés afin de la rendre compatible avec les projets libres. Si l’on peut regretter que cette licence ne soit pas non plus reconnue à l’international, limitant la compilation avec des données étrangères, des doutes semblent encore subsister sur la compatibilité avec les projets libres.

open data

  • La licence ODbL

Tout en respectant les droits et devoirs du cadre légal, les producteurs de données peuvent en effet orienter des choix plus précis (conditions en matière d’intégrité des données, d’identification de la source, etc.) et intégrer des variantes.

Ainsi à Paris, c’est la licence libre ODbL, développée initialement par Opendatacommons et traduite en français par VeniVidiLibri, qui est associée aux jeux de données. Elle ne se soustrait pas au droit français (droits et devoirs de la loi CADA repris dans les CGR de l’APIE) mais y ajoute au contraire des éléments.

L’ODbL met en œuvre la notion de copyleft. Le copyleft comme le copyright définissent et encadrent les droits des utilisateurs de façon contraignante. Le mécanisme est identique, mais les objectifs différents : le copyright garantit exclusivement les droits de l’auteur, le copyleft s’attarde tout particulièrement aux droits des utilisateurs, et vise à préserver la liberté d’utiliser, d’étudier, de modifier et de diffuser des bases de données et leurs versions dérivées.

L’ODbL impose que toute base de données dérivée soit maintenue sous la même licence, c’est-à-dire libre : accessible, modifiable et réutilisable par tous.

La licence OdbL crée donc un pot commun dans lequel s’ajoutent les contributions réalisées sur les bases de données libérées et participe à l’enrichissement collectif du travail plutôt qu’à l’appropriation individuelle. Une solution qui impose ce qui est au cœur de la démarche des logiciels libres : le partage à l’identique, c’est-à-dire le fait d’ouvrir à nouveau, et à tous, ce qui a été produit en reversant cette valeur ajoutée dans le pot commun.

En utilisant cette licence libre, les détenteurs de données imposent un devoir de contribution collective aux réutilisateurs. L’usage des données publiques est alors orienté non seulement vers l’innovation mais vers l’innovation sociale et la production de biens communs.

RegardsCitoyens explique :

Lorsque des administrations optent pour des licences interdisant les usages commerciaux, elles font le choix de se couper des projets emblématiques libres (Wikipedia, OpenStreetMap). Elles ne se donnent pas la chance de profiter de la visibilité offertes par ces sites (150 millions de visiteurs uniques pour Wikipédia). C’est d’autant plus dommageable que le travail effectué par ces communautés pourrait constituer un atout majeur pour les données publiques.

En rendant accessible les données cartographiques à tous et sans discrimination, OpenStreetMap propose une alternative plus que crédible face aux services de cartographies publiques. Faire le choix d’être incompatible avec leurs licences pourrait être interprété plus que négativement par ces communautés. Ainsi, alors que l’Open Data vise à rapprocher les citoyens de leurs administrations, le choix d’une clause restrictive aurait plutôt tendance à les éloigner.

Sans licences libres pour les données publiques, des projets tels qu’OpenStreetMap, dont l’utilité sociale est reconnue par les Nations Unies [en] et dont la qualité et les données sont souvent plus riches que Google Maps, se verraient donc mis à l’écart par l’open data.

Pour soutenir l’usage des licences libres associées aux données publiques, Creative Commons, OKF, RegardsCitoyens et VVL ont publié un appel aux données libres dans lequel ils indiquent :

Toute licence introduisant des limitations ou des discriminations à l’accès aux données ou des restrictions sur leur reproduction ou redistribution à des fins commerciales ne doit pas être considérée comme une licence Open Data, et cela en conformité avec ce qui a été préalablement établi par OpenDefinition.org. Actuellement, en France, seules certaines licences utilisées par les administrations publiques satisfont ces critères et nous recommandons donc le choix de ces licences libres.

http://www.donneeslibres.fr/

Vous pouvez soutenir les licences open data libres en signant cette pétition.

L’importance du cadre juridique

Les licences franco-françaises s’additionnent donc tandis que la communauté de réutilisateurs ne reconnaît pas leur potentiel de libération des données. N’étant pas juriste, on se gardera bien de statuer sur la validité ou non de ces licences, ce qui est sûr en revanche c’est que leur dénombrement et leur non-reconnaissance est un frein en soi à la valorisation des données.

Un cadre juridique n’est pas seulement là pour protéger mais aussi pour faciliter la rencontre entre le détenteur des données et ses réutilisateurs. Ainsi, un cadre trop restrictif peut conduire à une valorisation des données médiocre voire, nulle. Un cadre trop imprécis peut créer de l’incertitude. Un cadre très précis mais incompréhensible par des non- spécialistes chassera les petits acteurs, souvent les plus innovants…

On le voit, le choix d’un cadre juridique a donc un impact réel sur le succès des usages de données publiques.

La licence nantaise

La ville et la communauté urbaine de Nantes terminent actuellement leur travail de comparaison des licences juridiques applicables pour la mise à disposition des données nantaises.

Dans la continuité de l’ouverture participative de la ville avec les acteurs, nous avons eu une réunion sur le volet licence, durant laquelle nous avons rappelé notre « idéal de licence » :

  • Que l’accès et la réutilisation des données publiques soit gratuite, y compris à des fins commerciales, ceci afin d’assurer leur accès à tous, favoriser leur réutilisation ainsi que le développement des porteurs de projets y compris les petits porteurs.
  • Que les données soient réutilisables sur des projets libres tels que Wikipedia et OpenStreetMap qui développent les biens communs en ligne et dont les contributeurs nantais soutiennent l’open data sur le territoire.
  • Que la licence soit claire, compréhensible par tous, associée à la plus large réutilisation et donc reconnue à l’international.

Nous avons également précisé que la licence choisie serait très probablement temporaire car les collectivités ont tout à gagner (et attendent même) la création d’un standard sur les licences.

Le choix nantais sera rendu public dans quelques jours, peut-être à l’OpenDataQuiou où vous êtes invités à nous rejoindre si vous passez sur Nantes. (MAJ : Nantes a choisi la licence ODbL.)

Et demain ?

L‘idée d’une licence européenne semble faire son chemin mais la mission Etalab, chargée de la création du portail unique interministériel des données publiques, travaille actuellement avec l’APIE sur la création d’une nouvelle licence pour le futur portail national data.gouv.fr

Celle-ci pourrait devenir le standard attendu en France pour peu qu’elle réponde aux attentes de gratuité, lisibilité, compatibilité projets libres et cadre international.

Réponse en septembre.

<hr />

Billet initialement publié sur LiberTIC

Image CC Flickr Paternité Bohman et PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales mag3737

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http://owni.fr/2011/07/29/open-data-toujours-pas-de-licence-commune-en-france/feed/ 4
Ushahidi ou la cartographie du message http://owni.fr/2010/08/18/ushahidi-ou-la-cartographie-du-message/ http://owni.fr/2010/08/18/ushahidi-ou-la-cartographie-du-message/#comments Wed, 18 Aug 2010 10:08:11 +0000 Julien Goetz http://owni.fr/?p=25100 Ushahidi est un outil open source qui a été développé pour servir de plateforme de suivi de crise. Il permet d’afficher sur une carte en ligne les messages envoyés par SMS depuis le terrain. L’idée est née il y a maintenant 2 ans. En ce début d’année 2008, le Kenya est frappé par une terrible flambée de violences qui fait suite à la réélection contestée du président en place, Mwai Kibaki, à la tête de l’état. Alors que les partisans des deux camps s’affrontent, Ory Okolloh, développeur kenyane et bloggueuse déjà reconnue pour ses billets politiques, lance l’idée d’Ushahidi, “Message” en swahili. Le principe est simple et répond à l’urgence : il faut pouvoir visualiser ce qu’il se passe sur place.

Genèse d’un service utile

Ory Okolloh - World Economic Forum 2010

Le téléphone mobile étant l’outil de communication le plus utilisé en Afrique, il devenait évident qu’il fallait profiter de ses possibilités de géolocalisation. L’utilisation du réseau et de ses données de localisation individuelle prend une nouvelle tournure. Ce n’est plus “Big Brother is watching you” mais plutôt “Aidez nous à voir ce qu’il se passe, pour que tout le monde sache”.

Suite à l’article d’Ory Okolloh , les retours ne se font pas attendre. Très vite d’autres bloggeurs relaient l’info et de nouveaux développeurs viennent l’épauler pour mettre sur pied le projet Ushahidi.

Loin des clichés qui ont encore la vie dure sur l’Afrique, il faut savoir que le Kenya dispose de toute une génération de jeunes technologues venus étudier à Mombassa ou à Nairobi, la capitale, parfois après avoir fui les guerres qui embrasaient les pays voisins (Soudan, République Démocratique du Congo…). De plus la diaspora kényane étant très active aux États-Unis et dans le monde anglophone, notamment dans le milieu des nouvelles technologies, tout ce petit monde se connaît déjà bien et les ressources sont vite partagées. Une fois toutes ces bonnes volontés réunies, Ushahidi était né.

La plateforme open-source a vite connu un succès inattendu. Cette utilisation des réseaux mobiles, de la géolocalisation, dans des pays ou face à des situations de crise où internet est inaccessible et où les communications sont difficiles ou contrôlées s’est avérée plus qu’utile.

Inde, République du Congo, Haïti: des usages multiples

Partant de là le projet s’est rapidement diffusé sous le modèle du logiciel libre. Ushahidi a été massivement utilisé en Inde lors des élections du printemps 2009, presque un an après la création du service. Le ministère indien chargé de superviser les élections a décidé de l’utiliser pour pister les éventuelles irrégularités ou problèmes. Avec plus de 700 millions d’électeurs inscrits il lui était clairement impossible de mettre en place un suivi de tous les bureaux de vote. Un site a donc été ouvert avec Ushahidi et une large promotion a été faite pour que ce soit les citoyens eux-mêmes qui signalent les problèmes et fassent remonter l’information sur ce site simplement grâce à leur téléphone portable.

Ushahidi a également été déployé à la demande du CICR lors d’émeutes au Nord Kivu (RDC) qui ont provoquées des déplacements massifs de populations. Cette fois-ci l’outil n’était pas directement à destination des réfugiés mais plutôt des ONG afin d’anticiper les mouvements de population. Le but était de ne pas se laisser déborder par une arrivée massive de 10 000 réfugiés dans un camp déjà trop plein.

Dans les situations de crise humanitaire, une fois la plateforme mise en place, le principal enjeu est toujours de diffuser l’information sur l’existence de cet outil auprès des populations sinistrées. En Haïti par exemple, suite au terrible séisme, un site avec Ushahidi a rapidement été mis en place avec l’ONU (OCHA). Dans les premiers jours, c’était surtout les ONG qui l’utilisaient pour se passer des informations alors qu’elles étaient totalement dépassées. Il a fallu du temps pour que le message parvienne aux populations touchées et qu’elles retiennent le numéro leur permettant d’envoyer un message sur la plateforme utilisant Ushahidi.

Dans les semaines qui ont suivi beaucoup de monde s’est mobilisé sur le réseau notamment pour établir une cartographie fiable des zones touchées. Grâce à l’aide d’Openstreetmap et de nombreux traducteurs, l’outil mis en place s’est avéré essentiel pour venir en aide aux sinistrés. Suite à cela les gouvernements, les ONG et les médias internationaux ont réellement pris conscience du rôle que pouvait jouer un outil comme Ushahidi.

Coup d’État, feux de forêt, braconniers, zombies: tout passe par Ushaidi

Il reste que son utilisation est indissociable d’un réel effort de coopération et de coordination, notamment à l’extérieur des frontières en cas de crise. Les plateformes mises en place sont souvent prises d’assaut les premiers jours et parfois dès les premières heures par les proches des sinistrés qui tentent d’avoir des nouvelles de leur famille sur place mais il faut du recul et une vision globale pour que l’outil soit efficace. Les autorités et personnes sur place étant souvent soit débordées soit dans un black-out. C’est donc aussi “l’ailleurs” qui peut guider dans ce chaos. Lors de la crise politique qui a secoué Madagascar début 2009, les médias étant bâillonnés, la diaspora en savait plus sur ce qui se passait que les personnes sur place. Via l’outil de crise mis en place, des habitants d’Antananarivo pouvaient demander à ceux vivants à l’extérieur du pays des explications sur ce qu’ils entendaient au coin de leur propre rue et l’on voyait s’afficher des messages comme : “Je suis dans ma chambre, j’entends des coups de feu, que se passe -t-il ? La radio est coupée”.

Distribué en open-source, ce sont au final les utilisateurs de la plateforme qui en inventent les usages à chaque installation. L’humanitaire et les crises politiques on beaucoup fait pour faire connaître cet outil mais les possibilités de déploiement sont multiples et cela ne se limite pas nécessairement aux situations d’urgence. Il y a cet Ushahidi installé en Italie depuis deux ans pour suivre l’évolution des feux de forêt. À Los Angeles, un groupe de cyclistes activistes a monté un site avec Ushahidi pour répertorier les accidents impliquant des vélos, les routes à risque et ainsi essayer de rendre plus sécurisée la circulation en roue libre en Californie. Autre exemple, au Kenya, un site avec Ushahidi avait été utilisé par les parcs nationaux pour signaler les braconniers.

L’utilisation la plus originale restant pour l’instant : un mapping des incidents ou information concernant des… Zombies.

Illustrations CC FlickR whiteafrican, World Economic Forum,

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