OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Allemagne recherche immigrés de l’Est, désespérément http://owni.fr/2011/05/09/allemagne-recherche-immigres-de-lest-desesperement/ http://owni.fr/2011/05/09/allemagne-recherche-immigres-de-lest-desesperement/#comments Mon, 09 May 2011 08:30:21 +0000 Laurence Estival http://owni.fr/?p=61822 Comme l’Autriche qui a publié des chiffres la semaine dernière, l’Allemagne attend avec sérénité l’arrivée de salariés en provenance des pays membres de l’Union européenne qui ont adhéré en 2004 – la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Pologne, la Hongrie, Chypre, Malte, la Lettonie, la Lituanie et Estonie – et qui pourront donc à partir du 1er mai prochain circuler librement en Europe.

Pénurie de main d’oeuvre contre diabolisation de l’immigration

Selon une étude de l’Institut de l’économie allemande (IW) de Cologne [DE], d’ici 2020, 1,2 million de personnes sont ainsi attendues. 800.000 personnes devraient venir s’installer dans le pays d’ici la fin 2012, le flux migratoire devant se ralentir par la suite. Par comparaison, l’IW rappelle que dans les années 90, la chute du mur de Berlin s’était traduite par l’arrivée de 3,3 millions de personnes en provenance des anciennes démocraties populaires, hors RDA.

Les projections de l’institut IW sont confirmées par le responsable de l’agence fédérale pour l’emploi, Frank-Jürgen Weise, qui table sur 140 000 immigrants supplémentaires par an quand le commissaire européen pour l’emploi et les affaires sociales, Laszlo Andor estime que 100.000 salariés par an pourraient être s’installer outre-Rhin.

Frontière germano-polonaise : la ministre du travail Jolanta Fedak estime que 300.000 à 400.000 Polonais, au maximum, pourrait profiter de l'ouverture du marché en place depuis le 1er mai.

Critiquant ces scénarios négatifs diabolisant des hordes de migrants venus de l’Est pour l’essentiel, la ministre du Travail, Ursula von der Leyen a rappelé qu’il n’y a pas « le moindre indice allant dans ce sens. Je vois dans la libéralisation du marché du travail au contraire plus de chance que de risque ». Dans un pays qui souffre déjà de pénuries de main-d’œuvre, ces travailleurs supplémentaires tombent à pic, comme le confirme Michael Hüther, le directeur de l’institut IW.

La croissance économique actuelle va nécessiter des besoins supplémentaires de main-d’œuvre.

L’Ouest moins attractif qu’auparavant, un risque pour l’Allemagne

Le directeur de l’agence fédérale pour l’emploi, Frank-Jürgen Weise, cité par le quotidien Rheinischen Post, estime même que les immigrés attendus ne seront pas assez nombreux pour répondre aux besoins des entreprises.

Le problème est que l’Allemagne est beaucoup moins attractive que ce que beaucoup d’Allemands pensent. Les jeunes diplômés polonais très qualifiés préfèrent aller au Royaume-Uni.

Les salariés des pays d’Europe centrale et orientale ne seraient pas, non plus, spécialement disposés à franchir la frontière, réfléchissant à deux fois avant de quitter leur pays où les conditions de vie et les niveaux de salaire se sont appréciés au cours de ces dernières années. A titre d’exemple la ministre du travail polonaise Jolanta Fedak estime qu’au maximum 300.000 à 400.000 Polonais par an pourraient profiter de l’ouverture totale des frontières pour aller vivre ailleurs en Europe.

Ces pronostics laissent les salariés allemands sceptiques. Selon de récents sondages, ils sont 40 % à craindre la concurrence de leurs voisins de l’Est sur le marché du travail. De même que les syndicats qui mettent en avant le risque de dumping salarial des Polonais et des Tchèques qui seraient prêts à accepter des rémunérations moins élevées en passant la frontière chaque jour pour aller travailler en Allemagne, tout en vivant dans leur pays où le coût de la vie reste beaucoup moins élevé.

Article publié initialement sur MyEurop sous le titre L’Allemagne attend avec impatience les immigrés de l’Est.

Photo FlickR CC : Kewagi ; Tobias Bullert.

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La religion investit Internet http://owni.fr/2011/04/27/la-religion-investit-internet/ http://owni.fr/2011/04/27/la-religion-investit-internet/#comments Wed, 27 Apr 2011 07:47:55 +0000 Laurence Estival http://owni.fr/?p=59082

Ce dimanche de Pâques a marqué l’aboutissement du cheminement conduit depuis le mercredi des Cendres, le 9 mars dernier, par quelque 53 500 fidèles. Ils ont choisi de participer à la “Retraite dans la Ville”, une retraite spirituelle de quarante jours sur Internet proposée par les frères dominicains du couvent de Lille. Cette opération, créée il y a neuf ans, attire de plus en plus de personnes chaque année. 40.000 fidèles s’y étaient inscrits en 2010.

Le principe est donc bien rodé : après s’être enregistrés gratuitement en ligne, les croyants reçoivent dans leur boîte mail une méditation et la prière du jour, directement téléchargeable sur le site des Dominicains de Lille. Les participants bénéficient aussi d’un accompagnement: ils peuvent à tout moment poser une question à un frère ou une sœur qui s’engagent à y répondre dans les plus brefs délais.

Les fidèles peuvent rejoindre une Fraternet, petite communauté virtuelle animée par deux laïcs, où une douzaine de retraitants partagent leur expérience. Autre initiative originale, un blog tenu par le frère Xavier Pollart, prieur du couvent des dominicains de Lille, et le frère Franck Dubois, responsable des étudiants. Il maintient le lien entre les internautes grâce à des billets qu’il est possible de commenter, de recommander sur Facebook ou de suivre sur Twitter.

Followers en pèlerinage

Les Dominicains de Lille ne sont pas les seuls à avoir découvert les potentialités offertes par la toile : Benoît XVI lui-même est sur Facebook. Le Saint-Père célèbre aussi quotidiennement la messe en direct sur la web TV du Vatican. Sur la Web TV du Jour du Seigneur, les pratiquants peuvent suivre les homélies chaque dimanche en simultané, revoir celle de la semaine précédente ou encore télécharger la liturgie de la parole des prochaines célébrations.

L’Église catholique française propose, quant à elle, une application pour iPhone. Elle permet de connaître les horaires des messes et des célébrations des grandes fêtes religieuses à proximité de l’endroit où le croyant se trouve.

Le phénomène dépasse largement les seules communautés catholiques. En témoigne notamment un article publié le 19 avril par le quotidien suisse Le Temps. Il relate les expériences menées par l’Église évangéliste, à l’image des prêches du pasteur Matthias Bölsterli, à Genève, dont l’Église virtuelle compterait 4 000 fidèles : des applications iPhone préparent à la confession.

Grâce à un compte sur le réseau social Facebook, des enseignements religieux sont également diffusés par vidéos. Le Temps explique :

L’abbé d’Einsiedeln, Martin Werlen, convie chaque année ses followers Twitter pour un pèlerinage dans l’abbaye schwyzoise. Quant à Simon Weber, porte-parole de la Fédération des Églises protestantes suisses, il gère le service d’édition en ligne Issuu.com [en], qui lui permet de publier instantanément les prises de position théologiques de l’Église. Il dialogue avec les fidèles sur plusieurs canaux, dont Twitter et Facebook.

En Grande-Bretagne, c’est la Saint-Pixel Méthodiste [en] qui a sur ce sujet une longueur d’avance, proposant elle aussi une église virtuelle où les fidèles peuvent se choisir un personnage, écouter des sermons et participer à des forums de discussion et à des ateliers sur la Bible. Leur objectif ultime est de fonder une église virtuelle semblable au site Second Life.

La religion musulmane a elle aussi élu domicile sur le Web. Le site islamcity.com [en] propose ainsi de nombreux services : on peut trouver l’heure des prières à proximité de son domicile mais aussi les télécharger. On peut enfin faire des dons en ligne.

Aujourd’hui les Églises ont en effet décidé d’aller chercher les fidèles là où ils se trouvent. Dans ce contexte, la toile joue un rôle de plus en plus important. Les défis à relever sont identiques à ceux de tous les webmasters de la planète : positionnement sur les moteurs de recherche, fidélisation des lecteurs, recrutement, gestion de la concurrence, investissement sur les plates-formes virtuelles adéquates et réputation. “De là à changer la pratique de la foi ?”, s’interroge Le Temps

Article initialement publié sur myeurop.info sous le titre “La religion à l’heure du Web 2.0″

Illustrations Flickr AttributionNoncommercialShare Alike Some rights reserved OWNI remix et capture d’écran Twitter

À lire ailleurs : Les conseils de Benoît XVI pour un bon usage du web

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L’Allemagne, un exemple pour la réforme de l’enseignement supérieur? http://owni.fr/2011/01/12/lallemagne-un-exemple-pour-la-reforme-de-lenseignement-superieur/ http://owni.fr/2011/01/12/lallemagne-un-exemple-pour-la-reforme-de-lenseignement-superieur/#comments Wed, 12 Jan 2011 11:37:23 +0000 Laurence Estival http://owni.fr/?p=37605 « Nous voulons les meilleures universités du monde. L’autonomie sans argent ça ne suffit pas », avait expliqué Nicolas Sarkozy lors du lancement du « grand emprunt » national. « Sur les 25 milliards d’euros d’investissements venant du privé de l’Europe, des collectivités territoriales », avait-il précisé, une grande part du gâteau devait aller à l’enseignement supérieur et à la recherche, « clé de notre compétitivité future ». Une dizaine de « campus d’excellence » devaient, notamment, bénéficier d’un financement exceptionnel de 8 milliards.

Un an plus tard, où en est-on? Pas bien loin. La recherche « des cibles prioritaires » a « pris du retard » reconnait-on officieusement. Quels sont les critères de sélection? Trois leviers principaux sont, selon le ministère de l’enseignement supérieur, susceptibles d’assurer cette « excellence » : « des moyens financiers élevés, l’autonomie des établissements et l’attribution de fonds de recherche en partenariat avec des entreprises privées ». Syndicats d’enseignants et d’étudiants trainent, les pieds et dénoncent les risques, bien réels mais pas inexorables, d’une « université à deux vitesses ».

Travaux à l'université de Fribourg, une des 9 universités d'élite du programme initiative d'excellence.

Ainsi, en Allemagne, « l’initiative d’excellence », ambitieux programme lancé il y a deux ans démontre que les retombées sont importantes, non seulement pour les heureux lauréats, mais aussi, dans une certaine mesure, pour l’ensemble du système universitaire.

28 « supers facs » et 9 « universités d’élite » aux ambitions mondiales

Dans un pays où l’égalitarisme entre les universités était la règle, 28 universités reçoivent ainsi plus de moyens que les autres pour affronter la concurrence internationale. Une révolution qui a pourtant été acceptée sans trop de mal. Ses objectifs? Développer des centres de recherche de pointe et attirer, avec les financements supplémentaires, des chercheurs, des enseignants et des doctorants. Montant global de l’aide exceptionnelle à ces super-facs? 1,9 milliard d’euros jusqu’en 2012.

Par ailleurs, neuf « universités d’élite », label peu égalitaire mais le plus prestigieux, ont été retenues au terme d’un concours organisé par l’État et les Länder et sont plus particulièrement aidées. Certaines d’entre elles sont généralistes, comme l’université Ludwig-Maximilian de Munich, celles de Constance, de Fribourg, de Heidelberg et de Göttingen ou, encore, l’Université libre de Berlin.

D’autres sont spécialisées dans les sciences de la nature, de l’ingénieur, en médecine et en économie, comme celles de Karlsruhe, d’Aix-la-Chapelle ou l’Université technologique de Munich.

Les sciences sociales et humaines ne sont pas oubliées. A Heidelberg, le centre de recherche et d’enseignement, centré sur les relations entre l’Europe et l’Asie bénéficie d’aides spécifiques, ainsi que le département « Civilisations anciennes » de l’Université libre de Berlin.

« Cette initiative crée une nouvelle dynamique », se félicite Thomas Pfeiffer, vice-doyen de l’université de Heidelberg. Même constatation à l’Université libre de Berlin.

Globalement, 4 200 scientifiques ont rejoint les établissements bénéficiaires de l’Initiative d’excellence.

Pour les étudiants qui envisagent de faire une thèse, les conditions sont optimales : la plupart de ces super-facs ont mis en place leur propre programme de bourses, qui s’ajoutent à celles déjà accordées par les organismes traditionnels (ministère de la Recherche, organisme de promotion de l’enseignement supérieur allemand…).

Ces subsides publics sont, en outre, abondés par des fonds débloqués par les entreprises intéressées par les retombées de ces recherches.

L’Université technologique de Munich a ainsi reçu une dotation de 10 millions d’euros de BMW. Le fondateur de SAP a fait, pour sa part, un don de 200 millions d’euros à l’université de Karlsruhe. La fondation, créée à cette occasion, dépense 5 millions d’euros par an pour aider des boursiers…

Des super facs super élitistes ?

« Les étudiants inscrits en doctorat vont, en outre, bénéficier d’un accompagnement particulier », précise Goran Krstin, porte-parole du président de l’Université libre de Berlin. Toutes les « universités d’élite » ont initié des programmes de tutorat et encouragent les séjours à l’étranger des étudiants, ainsi que leur participation à des séminaires et colloques internationaux.

Revers de la médaille : ces universités financièrement privilégiées risquent de devenir de plus en plus sélectives… Pour les doctorants, mais aussi pour les autres candidats, compte tenu de leur notoriété croissante. Une notoriété entretenue par des campagnes mondiales de promotion pour attirer les cerveaux étrangers dont l’industrie allemande en forte croissance a tant besoin. Berlin envisage déjà de poursuivre ce programme après 2012, avec un accroissement des moyens à la clé.

Les autres universités qui ne profitent pas de ces aides, sont- elles vouées au déclassement? Pascal Level, représentant à Bruxelles de la Conférence française des présidents d’université au comité de liaison des organismes de recherche européens, se veut rassurant: « dans le cadre de cette initiative, les établissements sélectionnés se sont engagés à développer des coopérations avec les autres universités allemandes. Du coup, la dynamique enclenchée devrait rejaillir sur l’ensemble de l’enseignement supérieur d’outre-Rhin et le rendre encore plus compétitif ». A vérifier dans quelques années.

Billet publié initialement sur le site MyEurop.info sous le titre Facs « d’excellence » : la France en parle, l’Allemagne l’a fait.

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Photos FlickR CC Digital Cat ; le tam tam ; Lucas Cepeda ; Werner Kunz.

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