En parallèle des Assises internationales du journalisme qui se sont déroulées à Strasbourg, le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, est intervenu à la Fnac de Strasbourg vendredi 9 octobre. L’ancien directeur de la rédaction du Monde a abordé le thème de la crise de confiance entre les journalistes et le public à l’occasion de la sortie du livre du journaliste Philippe Gavi, “Faut-il croire les journalistes?”.
Pour Edwy Plenel, la crise de confiance reflète une “menace de régression dans notre pays, une régression démocratique de la presse liée à l’exacerbation du pouvoir politique”. Dès lors, le journaliste a une fonction de chien de garde de la démocratie et “il vaut mieux un chien en alerte qu’un chien en sommeil”, ajoute le directeur de Mediapart.
Dans ce contexte de crise de confiance, il y a une absolue nécessité d’un journalisme de qualité qu’Edwy Plenel définit comme étant “conscient de sa responsabilité démocratique envers le public et pas envers le politique et les employeurs”. Il précise que “les acteurs privés de la presse n’ont rien à voir avec l’information” et la crise que traverse les médias “n’est pas une crise de la demande mais une crise de l’offre qui n’est pas assez pertinente”.
Pour restaurer la confiance entre les journalistes et les citoyens, il propose cinq principes assurant la crédibilité du travail journalistique: le sérieux du but poursuivi, le sérieux de l’enquête, le respect du contradictoire, l’absence d’animosité personnelle et la modération dans l’expression.
Contrairement à Laurent Joffrin qui pense que “les journalistes exercent ce métier pour leur satisfaction personnelle”,
Edwy Plenel conclut que “dans le journalisme, il n’y a pas d’épanouissement personnel sans travail collectif”.
Propos recueillis par Thibault Jourdan et Mayore Lila Damji
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