Maria Fernanda Gabriel est correspondante européenne pour la chaîne portugaise RTP. Profondément attachée à l’Europe, elle livre sa vision du journalisme français.
Quelles différences faites-vous entre le journalisme français et le journalisme portugais ?
“Il ne faut pas oublier que le Portugal n’est sorti du fascisme qu’en 1974, avant les médias étaient très contrôlés. Aujourd’hui les journalistes s’en souviennent et sont très vigilants, ils tiennent beaucoup à leur liberté. Pour cette raison, bon nombre de journalistes portugais dénoncent la pression économique des grands groupes et tentent de conserver cette liberté. En France, au contraire, il reste très peu de médias indépendants.”
Quelle place les médias portugais accordent-ils aux questions européennes ?
“On en parle énormément. Vraiment je pense que les Portugais aiment l’Europe. Je présente moi-même une émission sur l’Europe le lundi soir : “Eurodeputados”. Nous organisons des débats sur des thèmes de l’actualité européenne. Je ne crois pas qu’il existe de telles émissions ici. La France n’aime pas beaucoup l’information sur l’Europe.”
Comment expliquez-vous cette tendance ?
“Le Portugal a adhéré récemment à l’Union européenne, donc pour nous l’Europe est peut-être plus importante. Et puis les Portugais ont conscience que l’UE a contribué à moderniser le pays, ils ont donc un regard très positif.”
Que pensez-vous des assises du journalisme ?
“Les problèmes soulevés sont fondamentaux, et il y a de très bon débats. Mais je trouve ces assises beaucoup trop françaises ! Le débat “Pourquoi l’information sur l’Europe n’intéresse-t-elle pas ?” n’a regroupé que des journalistes français ! Et il aurait fallu inviter un journaliste italien sur le thème “Journalistes-patrons de presse, pourquoi tant de haine ?” car en Italie les médias sont très concentrés et ils sont donc concernés par le problème. Je crois que les assises ont oublié leur côté international, il faudrait modifier leur nom.”
Propos recueillis par Chloé Bossard
Tags: Portugal journalisme Europe assises débats international interviewAucun commentaire


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