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La carte de presse, à quoi ça sert ?

8 octobre 2009 par Le blog des assises du journalisme

Pierre Delimauges, Agnès Chauveau, Amaury de Rochegonde, Jean-Michel Dumay et Philippe

Pierre Delimauges, Agnès Chauveau, Amaury de Rochegonde, Jean-Michel Dumay et Philippe Merlant (photo Loig Loury)

Que certifie la carte de presse ? Est-ce un outil qui permet d’y projeter des valeurs ou un simple vecteur d’avantages économiques : focus sur la table ronde autour de ce thème, jeudi matin, au Conseil de l’Europe.

Toute personne qui tire plus de 50% de ses revenus de l’exercice du journalisme peut y prétendre. Tel est le principe de base pour obtenir la carte de presse. Avec elle s’accompagne un avantage : des exonérations fiscales, pas loin de 30%. C’est donc avant tout une réalité économique. « Il ne faut cependant pas mésestimer le poids de la carte, explique Agnès Chauveau, historienne et directrice de l’école de journalisme de Sciences Po. Instaurée en 1936, elle donne une identité à la profession. Avoir sa carte signifie que l’on est reconnu par ses pairs comme étant journaliste ». La fonction première de la carte est alors de distinguer les amateurs des professionnels.

Autre fonction plus implicite, la carte de presse est un moyen de projeter les valeurs de la profession (respect de la vérité des faits, humilité, esprit critique etc), comme l’explique Jean-Michel Dumay, ancien président de la Société des rédacteurs du Monde. Mais il reconnaît le paradoxe de la carte : « elle ne me sert pas à grand-chose, à part peut-être aller au musée gratuitement, et en même temps elle ne me quitte jamais. Elle frotte toujours sur ma cuisse droite, juste à côté de ma carte vitale ! ».

Peut-on revaloriser l’obtention de la carte ? Comment faire rimer carte de presse et gage de qualité ? Les intervenants n’évoquent que rapidement les propositions qui émergent depuis deux ans. Parmi elles, la volonté de scénariser sa réception et non plus la recevoir anonymement par la Poste. « Difficilement réalisable », d’après Pierre Delimauges, ancien président de la Commission de la carte de presse.

Très vite, le débat s’oriente sur l’aspect déontologique du métier. Faut-il obliger les demandeurs de carte à signer une charte des droits et des devoirs ? Doit-on mettre en place un système de sanctions pour les journalistes qui ne respectent pas les règles ? Si oui, comment ? La carte de presse est vite oubliée, alors même que, selon une confidence d’Agnès Chauveau après le débat : « je pense que les débats déontologiques doivent rester en dehors de la carte. Ca ne veut pas dire pour autant qu’un certain nombre de journalistes, dans le cadre de dérives graves, ne puissent pas être remis en cause. Mais je pense que ça ne doit pas être forcément lié. »

Lise Verbeke

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