AIDJ

Les Assises suivies par les étudiants du CUEJ

AIDJ

“Je suis un webjournaliste militant”

8 octobre 2009 par Le blog des assises du journalisme

img_8107_recadreTrois questions à Sylvain Lapoix, journaliste à Marianne2.fr et membre du Djin, le groupe pour le développement du journalisme, de l’information et de l’innovation numérique.

En mai dernier, vous avez créé le Djin. C’était une façon de répondre aux critiques qu’adresse la presse traditionnelle au journalisme sur internet?

Nous avons voulu créer un lieu très simple, ouvert, une sorte de club pour échanger sur ce qu’on aimerait que le webjournalisme devienne et ne devienne pas. Nous avons effectivement constaté que le débat tombait souvent dans la caricature à l’évocation du journalisme sur internet, comme par exemple au moment de l’affaire Hortefeux. Des gens se sont élevés contre le règne des micro-caméras, assimilées à internet, alors que la caméra qui a filmé la scène était celle de Public-Sénat. Nous voulons aussi battre en brèche les images négatives véhiculées par des journalistes de la presse traditionnelle qui défendent leur peau parce qu’ils ont peur qu’internet les tue. A mon avis, internet est plutôt l’une des seules chances qu’ils ont de survivre dans la nouvelle société de l’information.

Journalistes web sous-payés, contrats précaires…Une réalité?

Moi, à Marianne, je suis en CDI, mais beaucoup de journalistes web ont des contrats précaires. Dans beaucoup de rédactions, soit les moyens manquent, soit la rédaction en chef ne veut pas les mettre parce qu’elle considère qu’Internet ne mérite pas qu’on dépense de l’argent. Mais la question des moyens n’est pas toujours la plus importante. Les journalistes web sont souvent moins bien payés que sur d’autres supports, mais ce n’est pas parce qu’ils sont moins bien payés qu’ils font du moins bon boulot. Pour moi, ce procès est une façon de reléguer internet au rang de faux média.

On reproche aussi souvent les erreurs et approximations commises par les journalistes web, qu’en pensez-vous?

En réalité, on travaille sur internet comme sur n’importe quel média traditionnel. On nous reproche le batonnage de dépêches. Il y en a sur internet, peut-être beaucoup plus qu’ailleurs parce qu’il y a plus de place mais il y a aussi des journalistes qui font des enquêtes. On a des collègues qui sortent des infos en téléphonant depuis leur bureau comme des milliers de journalistes en France le font pour des médias de presse écrite et de média radio. Je suis journaliste web militant. Je crois en ce média, en son avenir. Aucun média ne publie autant de courrier des lecteurs qu’internet. Les commentaires laissés sur les articles créent une nouvelle proximité entre les lecteurs et les journalistes. Cela justifie de défendre le journalisme web comme un journalisme novateur et comme un journalisme utile. Pour le reste, le Djin cherchera aussi à réaffirmer les principes de déontologie qui doivent avoir cours sur internet.

Propos recueillis par Basile Lemaire et Léa Giret

  • Share/Save/Bookmark

Tags:   1 Commentaire

Leave a Comment

1 response so far ↓