Le journal économique Les Echos bénéficie aujourd’hui d’une hausse de sa diffusion, grâce notamment à la crise économique mondiale. La crise, que la presse économique, n’a justement pas réussi à anticiper, selon Katty Cohen.

Katty Cohen, journaliste aux Echos
« Les Echos se portent plutôt bien en terme de diffusion, alors que la presse écrite dans son ensemble va mal. Pourquoi ce paradoxe ? »
Katty Cohen : « La diffusion de notre journal a augmenté récemment de 15 à 20 %. Pourtant, la situation économique des Echos n’est pas des meilleures La faute au modèle économique de la presse : la principale source de revenus d’un journal est la publicité. Avec la crise, elle s’est effondrée, et même une hausse de la diffusion ne parvient pas à contrebalancer cette perte de revenus. Du coup, les journaux réduisent leurs effectifs et accentuent la pression sur les journalistes. Ils ont moins de temps pour écrire, pour prendre du recul et pour vérifier leurs sources. »
« En ce qui concerne la crise, comment jugez-vous, a posteriori, le traitement qu’en a fait la presse économique, dont Les Echos ? »
K. C. : « Je pense que nous n’avons pas su anticiper la crise. Nous aussi, nous avons été pris dans l’euphorie boursière, et nous avons marché à fond dans le système, par exemple lors de la bulle immobilière. On est plus ou moins responsable, puisque nous avons accompagné la crise et ses prémisses. »
« Peut-on parler d’un mea culpa dans la presse économique aujourd’hui ? D’une réflexion pour changer les choses ? »
K. C. : « Non ! Ce sont les mêmes qui ont encensé le système économique passé qui en font le procès aujourd’hui. C’est une vieille génération de journalistes économiques qui ne peut et ne veut pas faire son autocritique. Ils font ça depuis 40 ans : aujourd’hui, nous avons besoin d’une nouvelle génération de journalistes. »
Propos recueillis par Lise Verbeke et Jean-Baptiste Durand
Tags: autocritique · Crise économique · diffusion1 Commentaire
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